Droit administratif
Loi n° 7552 sur le climat : permis d'émission et sanctions administratives
Publié le 21 mai 2026·7 min de lecture
Me Équipe Éditoriale Mona Hukuk - Antalya · Barreau d'Antalya
La lutte contre les changements climatiques est désormais une obligation légale en Turquie. Entrée en vigueur en juillet 2025, la loi n° 7552 sur le climat établit un cadre complet couvrant la réduction des émissions de gaz à effet de serre, le système de permis, les mécanismes d'échange et les sanctions administratives. Toute entreprise active en Turquie dans les secteurs industriel, énergétique ou manufacturier — y compris celles à capital étranger — entre dans le champ d'application de cette réglementation.
Que réglemente la loi sur le climat ?
La loi a pour objectif de lutter contre les changements climatiques dans la perspective d'une croissance verte et d'un objectif de neutralité carbone. Ce texte-cadre regroupe sous un même instrument législatif la réduction des émissions, l'adaptation climatique et les outils de planification nécessaires à la réalisation de ces objectifs.
L'institution centrale chargée d'appliquer les sanctions et de gérer le système est la Présidence pour le changement climatique (İklim Değişikliği Başkanlığı). C'est elle qui délivre les permis d'émission de gaz à effet de serre, conduit les contrôles et inflige les amendes administratives. Toute entreprise assujettie à des obligations d'émission aura affaire à cette autorité.
Le champ d'application de la loi couvre la production d'énergie, l'industrie lourde et les autres activités génératrices directes d'émissions de gaz à effet de serre, dans les limites fixées par la réglementation. Les entreprises à capital étranger ne sont pas traitées différemment des entreprises nationales ; l'obligation de conformité s'applique indépendamment de la structure capitalistique.
Système d'échange de quotas d'émission et obligation de permis
Au cœur de la loi se trouve le Système d'échange de quotas d'émission (ETS — Emisyon Ticaret Sistemi). Les entreprises exerçant des activités entrant dans le champ de l'ETS ne peuvent pas commencer à exploiter leurs installations sans avoir obtenu un permis d'émission de gaz à effet de serre auprès de la Présidence pour le changement climatique. L'exploitation d'une installation sans ce permis expose à de lourdes sanctions administratives.
Les obligations ne cessent pas après l'obtention du permis d'émission. L'entreprise est tenue de surveiller les émissions annuelles de gaz à effet de serre de son installation, de les faire vérifier par un vérificateur indépendant et de soumettre en temps voulu à la Présidence le rapport annuel vérifié. Elle doit en outre restituer chaque année des quotas correspondant au volume d'émissions constaté dans le rapport. Les quotas sont distribués conformément au plan national d'allocation établi par la Présidence et publié au Journal officiel.
En cas de modification de la structure, du fonctionnement ou de la propriété de l'installation, le permis d'émission doit être mis à jour ou une notification doit être adressée à la Présidence. Si les conditions dans lesquelles le permis a été accordé viennent à disparaître, la Présidence peut mettre à jour ou révoquer le permis.
Amendes administratives : quels actes, quelles sanctions ?
L'article 14 de la loi réglemente les sanctions de manière détaillée. Les principales amendes administratives sont les suivantes :
Le défaut de soumission dans les délais du rapport annuel vérifié sur les émissions de gaz à effet de serre est sanctionné par une amende administrative comprise entre 500 000 TL et 5 000 000 TL. Pour les entreprises relevant de l'ETS, cette amende est appliquée au double.
La poursuite d'une activité sans permis d'émission de gaz à effet de serre ou avec un permis révoqué donne lieu à un calcul en deux modalités : pour les entreprises disposant d'un rapport annuel vérifié, l'amende est de 5 TL par tonne calculée sur la valeur d'émission la plus élevée des cinq dernières années. Pour celles qui n'en disposent pas, l'amende administrative est comprise entre 1 000 000 TL et 10 000 000 TL.
Le non-respect dans les délais de l'obligation de restitution des quotas est sanctionné par une amende égale au double du prix le plus élevé entre les moyennes pondérées des marchés primaire et secondaire du dernier trimestre de l'année concernée, par quota non restitué. Compte tenu de la volatilité des prix de marché, ce poste peut générer un risque financier considérable.
Des dispositions sanctionnatoires distinctes existent pour les substances appauvrissant la couche d'ozone et les gaz fluorés à effet de serre : amendes à partir de 120 000 TL pour les infractions d'étiquetage, jusqu'à 2 500 000 TL pour l'importation ou le commerce sans autorisation. La présentation d'informations ou de documents trompeurs est sanctionnée par une amende administrative de 170 000 TL.
L'amende maximale applicable pour un seul acte est plafonnée à 50 000 000 TL. En cas de récidive, l'amende est doublée pour le premier manquement répété et triplée pour les suivants. Tous les montants d'amendes sont par ailleurs revalorisés chaque année au taux de réévaluation.
Mise en demeure et suspension d'activité
Lorsqu'une infraction est constatée, le ministère peut, préalablement à l'imposition d'une amende administrative, accorder à l'entreprise un délai — une seule fois et pour une durée maximale d'un an — pour remédier au manquement. Ce délai ne suspend pas l'application de l'amende administrative ; les deux procédures se déroulent en parallèle. Si le manquement persiste à l'expiration du délai, le ministère peut suspendre partiellement ou totalement l'activité jusqu'au rétablissement de la conformité.
Pour les manquements prolongés, une sanction différente s'applique : le permis d'émission de gaz à effet de serre de l'entreprise qui n'a pas satisfait à son obligation annuelle de restitution de quotas à hauteur de 80 % pendant trois années civiles consécutives est révoqué, et aucun nouveau permis ne peut être délivré pendant une période de trois à six mois.
Voies de recours contre les sanctions administratives
Les amendes administratives et les décisions de révocation de permis prononcées en vertu de la loi sur le climat peuvent faire l'objet d'un recours devant les tribunaux administratifs contre la Présidence pour le changement climatique. L'introduction d'un recours ne suspend pas d'office le recouvrement de l'amende. Pour obtenir la suspension, il convient de formuler une demande de sursis à exécution.
Les procédures devant les tribunaux administratifs en Turquie peuvent paraître complexes pour les étrangers ; bénéficier d'une assistance juridique avant d'introduire un recours peut faire une différence déterminante tant pour la gestion de la procédure que pour les coûts. Le recouvrement des amendes s'effectue conformément aux dispositions de la loi sur les contraventions, et une notification régulière au destinataire est obligatoire. Notre guide sur les recours contre les amendes municipales peut également être utile pour la procédure générale.
Questions fréquentes
Q : Une entreprise à capital étranger est-elle soumise à la loi sur le climat ?
Oui. La loi s'applique à toutes les entreprises exerçant en Turquie des activités relevant de l'ETS ; la structure capitalistique ou le pays où est établie la société mère n'affecte pas cette obligation.
Q : Comment obtenir un permis d'émission de gaz à effet de serre ?
L'entreprise dépose une demande auprès de la Présidence pour le changement climatique en fournissant les documents requis relatifs aux conditions techniques de l'installation et aux données d'émission. La demande est examinée dans le cadre de la réglementation applicable, et le permis est accordé ou refusé. L'installation ne peut pas être exploitée sans permis.
Q : Dans quel délai doit-on contester une amende après sa notification ?
Le délai pour introduire un recours devant le tribunal administratif est déterminé par les dispositions générales de la procédure du contentieux administratif. Une fois ce délai expiré, le droit de recours est perdu ; il est donc essentiel d'obtenir une assistance juridique sans tarder à compter de la date de notification.
Q : Les montants des amendes augmentent-ils chaque année ?
Oui. Conformément à la loi sur les contraventions, les amendes administratives sont revalorisées chaque année au taux de réévaluation fixé dans le cadre de la loi sur les procédures fiscales. Les montants actualisés sont portés à la connaissance du public par un communiqué publié au Journal officiel.
Q : Dans quelles conditions la révocation du permis est-elle envisageable ?
Le scénario le plus courant est le défaut de restitution des quotas à hauteur de 80 % pendant trois années civiles consécutives. Les permis expirés ou dont les conditions ont évolué peuvent également être révoqués par la Présidence.
Comment Mona Hukuk peut-elle vous aider ?
Mona Hukuk fournit des conseils juridiques aux entreprises nationales et étrangères opérant en Turquie en matière de conformité à la législation environnementale, de procédures d'autorisation administrative et de recours contre les sanctions. Si vous souhaitez comprendre vos obligations au titre de la loi sur le climat ou contester une amende prononcée à votre encontre, notre équipe à Antalya est à vos côtés à chaque étape.
Pour une consultation à Antalya, écrivez-nous à info@monahukuk.com ou appelez le +90 (242) 606 14 32.
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