Droit commercial et des sociétés
Arbitrage en Turquie : ICC ou ISTAC – guide pour les entreprises étrangères
Publié le 19 mai 2026·5 min de lecture
Me Équipe Éditoriale Mona Hukuk - Antalya · Barreau d'Antalya
L'une des questions les plus fréquentes posées par les entreprises étrangères opérant en Turquie est la suivante : faut-il plaider devant les tribunaux étatiques turcs ou recourir à l'arbitrage ? Pour les litiges en matière de construction, d'immobilier et de commerce centrés à Antalya et à Istanbul, l'arbitrage offre aux investisseurs étrangers des avantages manifestes : arbitres impartiaux, confidentialité et sentences exécutoires au-delà des frontières. Le droit turc fournit une infrastructure solide pour ces procédures ; au niveau institutionnel, deux centres se distinguent : la CCI (Chambre de Commerce Internationale) et l'ISTAC (Centre d'arbitrage d'Istanbul).
Cadre juridique de l'arbitrage international en Turquie
Pour les litiges présentant un élément d'extranéité, la Loi n°4686 sur l'arbitrage international est applicable. Cette loi reprend les principes fondamentaux de la Loi-type de la CNUDCI et laisse aux parties une large liberté de choix quant au siège de l'arbitrage, à la langue de procédure, au droit applicable et au règlement institutionnel. Les juristes étrangers reconnaissent aisément ce cadre, car de nombreux pays appliquent le même modèle.
L'adhésion de la Turquie à la Convention de New York sur la reconnaissance et l'exécution des sentences arbitrales étrangères garantit leur exécutabilité internationale. Les tribunaux turcs, lorsqu'ils sont saisis d'une demande d'exequatur, n'examinent pas le fond de la sentence ; ils contrôlent uniquement la régularité procédurale et l'ordre public.
L'arbitrage CCI
L'arbitrage CCI est l'institution d'arbitrage commercial international la plus utilisée dans le monde. Grâce à son règlement intérieur exhaustif, à son secrétariat efficace et à sa notoriété mondiale, la CCI reste le premier choix pour les litiges à grande valeur et à parties multiples.
Dans un arbitrage CCI, le siège peut être librement fixé : Istanbul, Genève, Londres ou toute autre ville. Cette souplesse offre un avantage certain aux parties souhaitant une procédure indépendante du système judiciaire turc. Le règlement CCI prévoit également un mécanisme permettant de prendre des mesures provisoires d'urgence avant même la constitution du tribunal arbitral.
Son principal inconvénient est le coût. Les frais administratifs de la CCI et les honoraires des arbitres augmentent proportionnellement à la valeur du litige ; pour les affaires de taille moyenne, ce montant peut représenter une charge non négligeable.
ISTAC : le Centre d'arbitrage d'Istanbul
Fondé en 2015, l'Istanbul Arbitration Centre (ISTAC) est la principale institution d'arbitrage international de Turquie. Les procédures ISTAC peuvent être menées en turc, en anglais ou dans toute autre langue convenue par les parties. La liste des arbitres comprend des professionnels expérimentés aux niveaux national et international.
Pour les litiges centrés sur la Turquie — projets de construction à Antalya, contrats de distribution locaux ou litiges entre actionnaires dans des sociétés à participation étrangère — l'ISTAC présente plusieurs avantages. Ses frais administratifs sont généralement inférieurs à ceux de la CCI. La coordination avec les tribunaux turcs pour les mesures provisoires et les demandes d'exequatur fonctionne plus fluidement. Les investisseurs étrangers trouvent les procédures ISTAC à la fois plus accessibles financièrement et plus opérationnelles dans la pratique.
CCI ou ISTAC ?
Le choix dépend largement de la nature du litige et des attentes des parties.
CCI : indiquée pour les litiges à forte valeur, multipartites et nécessitant une exécution dans plusieurs pays, ou lorsque la contrepartie ou ses financeurs exigent une institution de renommée internationale.
ISTAC : à privilégier pour les affaires de taille moyenne centrées sur la Turquie, lorsqu'un soutien judiciaire turc est prévisible ou que la maîtrise des coûts est prioritaire.
Dans les deux cas, la clause compromissoire doit être rédigée avec soin. Les erreurs fréquentes consistent à ne pas préciser le siège de l'arbitrage, à mal orthographier le nom de l'institution ou à insérer des dispositions particulières incompatibles avec le règlement choisi. Consulter un avocat à Antalya ou à Istanbul avant la signature du contrat permet de réduire considérablement ces risques.
Pour aller plus loin, consultez nos articles sur les erreurs fréquentes dans les contrats commerciaux en Turquie, la création d'une société en Turquie pour les investisseurs étrangers et l'exécution des jugements étrangers en Turquie.
Exécution des sentences arbitrales en Turquie
Pour faire exécuter une sentence rendue à l'étranger en Turquie, il faut déposer une demande d'exequatur auprès d'un tribunal turc. Dans cette procédure, le tribunal n'examine pas le fond de la sentence ; il contrôle uniquement la régularité procédurale et l'ordre public. En pratique, les tribunaux turcs se montrent globalement favorables aux demandes d'exequatur.
Pour les arbitrages ISTAC conduits en Turquie, la voie d'exécution suit le droit de la procédure civile turque de façon plus directe. Dans les deux cas, il est important de planifier la procédure en amont avec un avocat turc.
Foire aux questions
Q : Tous les litiges commerciaux en Turquie peuvent-ils être soumis à l'arbitrage ?
Les litiges découlant de contrats de nature commerciale — approvisionnement, construction, distribution, litiges entre associés — sont en principe arbitrables. Les contrats de consommation et les contrats de travail individuels peuvent être soumis à certaines restrictions.
Q : Une sentence CCI peut-elle être exécutée en Turquie ?
Oui. La Turquie étant partie à la Convention de New York, les sentences rendues dans d'autres pays parties à la Convention peuvent être exécutées devant les tribunaux turcs sur demande d'exequatur. Le tribunal n'examine pas le fond.
Q : Peut-on obtenir des mesures provisoires des tribunaux turcs pendant une procédure arbitrale ?
Oui. En vertu de la Loi sur l'arbitrage international, des mesures provisoires peuvent être demandées aux tribunaux turcs avant ou pendant l'arbitrage, sans que cela n'affecte la procédure arbitrale.
Q : Dans quelle langue se déroulent les procédures ISTAC ?
Le règlement ISTAC permet de conduire la procédure dans toute langue convenue par les parties. L'anglais et le turc sont les langues les plus couramment choisies dans les affaires internationales.
Comment Mona Hukuk peut vous aider
Notre cabinet intervient dans la rédaction correcte des clauses compromissoires dans les contrats, le choix de l'institution et la représentation de clients étrangers dans les procédures CCI et ISTAC. Nous accompagnons également nos clients dans l'exécution des sentences arbitrales étrangères devant les tribunaux turcs. Notre équipe basée à Antalya intervient dans les litiges sur l'ensemble du territoire turc.
Pour une consultation à Antalya, écrivez-nous à info@monahukuk.com ou appelez le +90 (242) 606 14 32.
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